UN MÉDICAMENT CONTRE LA LEUCÉMIE DÉCOUVERT A L’UNIVERSITÉ HÉBRAÏQUE DE JÉRUSALEM.

octobre 2nd, 2018

LA RÉACTION DE FLATTO-SHARON FACE AUX ÉVÉNEMENTS

Un médicament contre la leucémie découvert à l’université Hébraïque de Jérusalem.

Les tests montrent 50 % de taux de guérison chez les souris de laboratoire ; une seule molécule cible plusieurs protéines leucémiques et active un gène suppresseur de tumeur. Des chercheurs à l’université Hébraïque de Jérusalem ont annoncé avoir développé un nouveau médicament avec un taux de guérison de 50 % sur les souris de laboratoires atteintes de leucémie aiguë.

Les résultats ont été publiés dans la revue scientifique « Cell ».

La leucémie aiguë myéloblastique est l’une des formes de cancer les plus agressives. Si d’autres cancers ont bénéficié de nouveaux traitements, rien d’encourageant n’a été découvert ces 40 dernières années dans le traitement de la leucémie, selon un communiqué des chercheurs. (On notera l’exception du « Gleevec », un médicament qui traite la leucémie myéloblastique chronique, basé sur les travaux du chercheur israélien Eli CANAANI (à l’Institut Weizmann).

Les droits sur la molécule qu’ils ont développé ont déjà été vendus par le département du transfert de la technologie de l’université Hébraïque « Yissym » à la compagnie pharmaceutique « BioTheryx ».

L’équipe de chercheurs continuera à travailler avec cette firme pour poursuivre l’élaboration du médicament et le soumettre à l’approbation de la FDA pour la première phase d’un essai clinique chez les humains.

La leucémie aiguë myéloblastique (AML) est un type de cancer dans lequel la moelle épinière produit des myéloblastes anormaux, un type globule blanc, globule rouge ou plaquette, selon le National Cancer Institute.

Le patient finira par manquer de globules rouges, qui assurent le transport de l’oxygène, de plaquettes qui stoppent les hémorragies, et de globules blancs, qui défendent l’organisme contre les agressions extérieures. Cela s’explique parce que l’organisme malade sera trop occupé à fabriquer des blastes leucémiques et le résultat peut être fatal.

La leucémie est difficile à traiter. En cause la variété et la quantité de protéines qu’elle produit, permet aux cellules cancéreuses de se multiplier rapidement et de se protéger des chimiothérapies.

A ce jour, la majorité des médicaments biologiques anti-cancéreux utilisés pour soigner la leucémie ciblent uniquement les protéines des cellules leucémiques individuellement. Cependant, dans ce type de « thérapie ciblée », les cellules leucémiques activent rapidement d’autres protéines pour bloquer le médicament. On se retrouve avec des cellules leucémiques résistantes au médicament qui renouvellent la maladie.

Ce nouveau médicament, développé par le professeur Yinon BEN-NERIAH et son équipe de chercheurs à la faculté de médecine de l’université Hébraïque de Jérusalem, fonctionne comme une « bombe à fragmentation », ont indiqué les chercheurs dans le communiqué.

La molécule développée, en manipulant chimiquement une cellule cancéreuse – attaque plusieurs protéines leucémiques en une fois. Les cellules leucémiques ont alors du mal à activer d’autres protéines pour résister à la thérapie.

Les chercheurs ont dit avoir vu « un changement dramatique après l’administration d’une dose unique de ce nouveau médicament », a expliqué le professeur Yinon BEN-NERIAH dans le communiqué.

La quasi-totalité des signes de leucémie chez les souris de laboratoire ont disparu dans la nuit.

Cette molécule unique cible plusieurs protéines leucémiques en une fois et détruit tours les oncogènes, et active le gène suppresseurs de tumeurs P 53, a ajouté le professeur Yinon BEN-NERIAH dans un entretien téléphonique.

Le gène P 53 est un chic type, a-t-il schématisé. Le nouveau médicament ne tue pas seulement les cellules cancéreuses, mais il détruit les antagonistes qui travaillent contre le P 53 et aide ainsi à activer le suppresseur de tumeurs.

La molécule a été très efficace chez les souris, à la fois chez des souris leucémiques et chez les souris qui ont été injectées avec une leucémie humaine. « Elle a fonctionné sur les formes de leucémie humaine les plus agressives injectées chez les souris.

Le médicament développé par les chercheurs est une pilule et non pas une injection, a précisé le professeur Yinon BEN-NERIAH.

Le professeur Yinon BEN-NERIAH a dit espérer que la première phase de l’essai clinique puisse commencer aux États-Unis début 2019. Il faudra au moins deux ou trois ans avant que le médicament ne puisse être commercialisé.

Perspectives

La leucémie n’est qu’une indication thérapeutique de ce médicament, a-t-il dit. Les chercheurs tentent d’étendre son champ d’action à d’autres cancers, notamment les lymphomes, le myélome multiple, le mélanome, et le cancer colorectal.

De plus, les chercheurs ont assuré que ce médicament fait le travail de trois ou quatre autres médicaments, ce qui permet de diminuer l’exposition des patients à de multiples thérapies et d’avoir à subir leurs effets indésirables parfois insoutenables. Cette molécule n’a montré aucun effet secondaire indésirable chez les souris utilisées pour étudier la tolérance du médicament.

Les chercheurs ont également dit que cette nouvelle molécule a été capable d’éradiquer les cellules souches leucémiques, chose très prometteuse. Cela a toujours été le défi principal dans le traitement du cancer, et l’une des raisons pour lesquelles les scientifiques ont été incapables de guérir la leucémie aiguë.

(SHOSHANNA SOLOMON)

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